Mes collages

ROCA Jordi. L'angélus. Technique mixte sur toile. SBD et datée 2010. Format 81_100 cm copi

L'angélus.
Technique mixte et collage sur toile 
Signée et datée 2010 en bas à droite.
Format 81/100 cm


 

ROCA Jordi. Le penseur. Technique mixte sur carton. SBD. Format 70_90 cm. Oeuvre double fa

Le penseur.
Technique mixte et collage sur toile 
Signée  en bas à droite.
Format 70/90 cm.



 

L'Amateur d'art.

du

8 octobre 1970

   Peintre espagnol dans la force de l'age. ROCA présente les reflets de son intériorité dans une succession de toiles dont la monochromie n'engendre pas la monotomie, grace au jeu des perspectives.

   Comment expliquer l'oeuvre de ROCA ? C'est si l'on veut, une libération traitée dans une ligne surréaliste. Ce sont, nous dit ROCA, ses propes sensations au moment où il reçoit l'irrésistible besoin de peindre. Devant sa toile, il pense à tout ce qui enchaine l'homme, la vie, la mort, le bien, le mal, le plaisir, la douleur.

   On retrouve presque toujours la spirale dont le point central de départ est un corps, un visage, un masque. La courbe finit en sortant de la toile après s'être lovée autour d'une sirène ou avoir formé un tunnel lumineux Tour à tour Dantesque ou paradisiaque, chaque toile donne un corps à une pensée.

 

Galerie ENTREMONDE

 

C5. ROCA Jordi. 1929 - 2018. Le couple. Technique mixte et collage sur panneau. Signée en
C3. ROCA Jordi. 1929 - 2018. Personnage assis. Technique mixte et collage sur panneau. Sig
C2. ROCA Jordi. 1929 - 2018. Personnage. Technique mixte et collage sur panneau. Signé e e

Personnage assis.
Technique mixte et collage sur panneau 
Signée  en bas à gauche
Format 65/50 cm. C3



 

Personnage.
Technique mixte et collage sur panneau 
Signée  en bas à centre
Format 65/50 cm. C2




 

Le couple.
Technique mixte et collage sur panneau 
Signée  en bas à droite.
Format 65/50 cm. C5


 

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Les deux personnages enlacés.
Technique mixte et collage sur panneau 
Signée  en bas à droite
Format 89/116 cm. C12




 

Interview  anonyme 

de ROCA Jordi

du 

17 septembre 1971.

 Le milieu dans lequel tu as grandi a-t-il eu une incidence?

Je suis convaincu de plus en plus qu'il a eu une influence sur mon existence, non seulement sur mes conceptions artistiques mais aussi sur ma condition d'homme... Ce n'était pas un milieu artistique. 

Je me suis développé tout à fait en dehors du monde de l'art.

Comment justement s'est fait ce développement ? As-tu la vocation ou montré très tôt des dons ?

Quand j'étais jeune, j'ai montré quelques dons, naturellement. Et je les ai exploités. J'aimais bien le dessin, sans d'ailleurs avoir l'intention de m'y consacrer. Je cherchais simplement un dérivatif, pour associer ce qui me plaisait en particulier avec mes besoins économiques; je pensais travailler pour une boite de publicité. Je suis entré dans une école de dessin et là j'ai trouvé plus interessant de continuer dans la recherche artistiques.

Quelle a été ta formation ?

J'ai commencé très jeune, vers 14,15 ans. Dans une école de quartier, à Barcelone. Les cours du soir. Puis les événements d'Espagne... Après le travail, j'allais aux cours. Ils étaient dans l'ensemble classique. Ensuite je me suis inscrit à l'école des beaux-arts.En tout une formation de 6 ou 7 années.

Ton milieu s'est-il opposé au choix que tu semblais prendre ?

Dans toutes familles simples, pour laquelle c'est pour mon avenir. Lorsque je me suis enfoncé dans la voie artistique, alors là l'opposition fut très vive et permanente.

 

 

 Pour le présent quelle est ta condition sociale ?

 Je suis en France depuis 14 ans. Il m'a fallu d'emblée les moyens économiques d'exister. J'ai fait mille travaux pour exister, pour avoir le minimum nécéssaire. Une petite chambre. Les beaux-arts. et surtout, peindre. Mais ce n'était pas la solution. Les petits travaux me prenaient plus qu'ils ne me donnaient. Je gagnais un peu de temps. Mais ce temps était perdu par les soucis et l'angoisse. Aussi j'ai préféré vivre double vie : prendre un travail fixe et sur. Et me consacrer à la peinture à heures régulières, après le labeur...

Penses-tu appartenir à un genre ou à une école ?

Je n'ai jamais cherché à aller dans le sens d'une école, à me dire je suis ça ou ça. Les écoles m'ont intéressé. Mais avant tout, il me fallait trouver quelque chose qui me correspondait, un style personnel. Quand j'étais jeune, bien sur je me suis trouvé submergé sous les modes et les courants. J'ai pris le temps de me chercher moi-même. Et non à chercher à être "en avant" En art qu'est ce que cela peut vouloir dire "en avant" Je me suis un moment arrêté de peindre et me suis fixé pour impératif, au delà de tout genre..., de vomir ce qu'il y avait là dedans, en moi. Doucement depuis quelques années, ma voie s'est dessinée. Je la continue maintenant, sans jamais me demander qui, qu'est-ce je suis...

Mais quelles sont tes sources d'inspiration ? Est-ce comme tu semble le dire "ton moi" ?

Sans aucun doute c'est "mon moi". Mais c'est aussi l'existence, la 

société. Tout ce qui m'angoisse. Que je trouve intéressant ou désagréable. La source n'est donc rien d'autre que le contact que j'ai avec la société. Je suis en tan qu'homme et artiste dans le monde. Je le regarde. il "émeut". Je réagis par un état dans lequel j'ai envie de peindre. Je projette sur la toile les sensations, déformées par ma personnalité, qui me viennent du monde.

 

 

 

 

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En attente.
Technique mixte et collage sur panneau 
Signée  en bas à droite
Format 98/58 cm. C08




 

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Vue sur les tours.
Technique mixte et collage sur panneau 
Signée  en bas à droite
Format 90/70 cm. C07




 

Les deux amies
Technique mixte et collage sur panneau 
Signée  en bas à droite
Format 100/73 cm. C10




 

Quelle fin vises-tu en projetant ses sensations sur la toile ?

 

Le premier objectif , c'est m'équilibrer. Je fais quelque chose que je peux faire, dans quoi je me sens l'aise, sur de mes moyens, sans un sentiment d'infériorité. Car je suis convaincu que ce que je fait n'est pas mauvais. Le second but est de jeter le pont par la toile entre mon monde intérieur et le contexte quotidien dans lequel je me développe. 

Pour préciser, ton but est-ce alors d'exprimer ou de trouver ?

 

Oui. Trouver quelque chose de plus. Mais quoi ? je ne saurai le dire. Trouver à ce que ma production soit plus émotive, quelle communique mieux son poids émotionnel. En somme, réussir à toujours mieux extérioriser ... C'est la condition de l'artiste : se dépasser vers les autres et leur donner une vision originale et des émotions.

Quels moyens te donnes-tu pour réussir à concrétiser ton projet ? 

Difficile de te répondre Grosso modo j'essaye de me mettre dans cet état qu'on appelle second, de me dépouiller de tous les aléas de la vie extérieure. Puis sur une feuille de papier, je travaille à saisir un moment de ma vie interne, par une esthétique qui me correspond.et à exprimer certains sentiments. Quand ils sont apparus et qui valent la peine, je passe à la toile.

Sur un plan cette fois général, peux-tu nous dire ce que doit viser et dire la peinture ?

Sur un plan général, je ne peux plus  être sincère. La peinture avec un grand P, c'est selon moi, une peinture qui ne se borne pas à être décorative, qui réveille un sentiment et dit l'homme de telle sorte qu'il puisse, en la regardant, se retrouver dans ses conflits et son existence. Comme la littérature la peinture doit prendre conscience...

Passons à l'acte matériel de peindre. Et d'abord, que peux tu dire sur le matériau ?

Le matériau est très important. C'est ma technique qui commande l'emploi de tel ou tel matériau. En l'occurence, l'huile, les pinceaux et la toile.Et parmi ceux-ci, des matières avec lesquelles je me sent à l'aise. Car il y a le côté sensitif, sensuel de la chose.

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Tu anticipes justement la question que je voulais te poser à propos du contact que tu entretien avec le matériau ?

 

Oui je choisis le matériau à la mesure de ma sensibilité, de son toucher.

 

Puisque tu parais avoir d'entrée de jeu un projet très précis, la discipline doit avoir une place importante dans ton acte de peindre 

 

En tant que peintre, je m'oblige à travailler peu. Mais je m'oblige à faire acte de présence. Du reste, ilil s'est avéré souvent que je fournissait un meilleur travail dans des conditions de fatigue ou de vide. Il faut travailler tous les jours, assidument,  pour obtenir des résultats solides.

 

Quelle est dans ces conditions la place du plaisir, à la foi dans l'acte et la condition de peintre ? 

L'acte ne me donne pratiquement aucun plaisir. Souvent je n'ai pas envie. Le plaisir apparait dans les résultats. Et je me dis que si je

m' étais allé à ne rien faire, je n'aurais pas obtenu cela qui me plait.  

Alors à quel moment es-tu satisfait de ce que tu as produit.

Quand, au départ quelque chose que je sens bien, je suis déjà satisfait. Mais le quelque chose peut disparaitre, et avec lui le plaisir... La satisfaction vient dès lors qu'apparait ce que je cherche. Je m'arrête pour regarder.  je me dis que ça va. Mais il faut que je me ressaisisse car le tableau n'est pas encore achevé.

Mais le plaisir, l'éprouves-tu seulement lorsque tu t'es arrêté ou même lorsque tu continues l'ébauche qui te plaît ?

Non quand je m'arrête et que je regarde l'ensemble.

En famille
Technique mixte et collage sur panneau 
Signée  en bas à droite
Format 127/100 cm. C11





 

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Jeune femme
Technique mixte et collage sur panneau 
Signée  en bas au centre
Format 65/50 cm. C22

Jeune femme assise
Technique mixte et collage sur panneau 
Signée  en bas à droite
Format 90/70 cm. C25

 Bon, la toile est finie. Elle t'a satisfait. Maintenant les autres ? Comment interviennent-ils par rapport à ta satisfaction ?

Pour moi le spectateur vaut beaucoup quand il sent et s'intéresse à l'ouvrage. Mais si tout un public n'aimait pas ce que je fais, je continuerai à le faire de la même façon. 

Donc en fin de compte, il ne vaut pas beaucoup ?

Non, pour m' empècher de travailler.

Et tu ne te poses pas la question de savoir pour qui tu peins ?

Absolument pas. Je travaille d'abord pour ma tranquillité. Donc, avant tout, pour moi.

A quel moment ou quels signes reconnais-tu qu'il y a communication entre ta toile et l'autre ? 

Très difficile. Il est rare de saisir le moment de la communication. Chez les gens simples, qui n'emploient pas de mots, je sens qu'ils reçoivent et cela me fait peur, cela me gène, cela m'attire. Je ne capte pas toujours l'intention. Mais souvent je vois les gens simples touchés par ce que je leur montre.

 Comment vois-tu le problème de l'intégration de ta production dans l'actualité ?

Le contexte actuel dans lequel se fait l'oeuvre joue absolument. Et l'oeuvre, d'une manière ou d'une autre, est engagée dans ce contexte. Et elle peux le changer. Mais je ne crois pas que ma peinture puisse y arriver. 

Eu égard à ce que tu viens de dire, penses-tu que la peinture ait un role social ?

Son role consiste à réveiller les gens, leur faire ressentir leurs problèmes. Et ces problèmes, il n'y a pas de doute qu'ils sont sociaux.

Mais crois-tu qu'en peignant tu remplisses une fonction par rapport à la sociétés ?

Je crois, oui. La fonction d'essayer de la même façon que le maître d'école apprend à l'enfant à discerner entre le bien et le mal par exemple, de communiquer aux autres leurs propres problèmes.

Pourtant tout à l'heure tu nous répondais que les autres ne comptaient pas et que tu peignais pour toi ? 

Oui, mais je suis un homme de la société. Créer pour moi, c'est créer pour cette société. J'ai besoin de dire, de faire quelque chose. Pour moi, le moyen est la peinture.

C16. ROCA Jordi. 1929 - 2018. Les arbres. Technique mixte et collage sur panneau. Signé e

Les arbres
Technique mixte et collage sur panneau 
Signée  en bas à droite
Format 65/50 cm. C16

C4. ROCA Jordi. 1929 - 2018. Le chien. Technique mixte et collage surpanneau. Format 65_50

Chien assis
Technique mixte et collage sur panneau 
Non signé
Format 65/50 cm. C04

Nous t'avons demandé quelle était ta condition sociale actuelle. Crois-tu en rapport peut-être cette fonction, que l'on peut vivre de sa peinture ?

J'en suis sur. Vivre, cela veut dire : pouvoir se consacrer à sa peinture. Bien sur je déplore la spéculation. Et j'aimerais que les artistes à un prix, dans un musée, librement. Mais, puisque cette solution est impossible je préfère vendre ce que je peints pour pouvoir continuer de peindre...

Comment envisages-tu les rapports de la peinture avec les autres arts ?

J'aime tout l'art. J'aime beaucoup en particulier la musique. Mais j'ignore la technique. La peinture dès le départ m'a satisfait. Je m'y suis spécialisé. Toutefois, si j'avais le temps, je chercherais à faire la jonction entre les différentes disciplines.

ll y a en ce moment un foisonnement d'écoles et de genres. Qu'en penses-tu ?

Je n'en pense rien. Parce que je n'ai pas envie d'en penser quoi que ce soit. Et puis aussi parce que je n'ai pas le temps de me tenir informé de l'actualité.

Et que penses-tu de ce phénomène très courant à notre époque qui  consiste à fonder l'acte de peindre sur une théorie ? 

Il faut une petite conception. Mais il ne faut pas que l'artiste se rende esclave d'une conception qui n'est issue que de l'intellect. Car la peinture est un langage émotif. Le sentiment est primordial. Et le sentiment, c'est toi-même. Si tu vas contre toi, tu rates.

 Et que penses-tu d'une peinture conditionnée par une théorie politique ?

Si l'oeuvre, en plus d'être politique, dégage une certaine émotivité, elle va. Si elle s'impose d'être politique, il apparaît peut-être une encyclopédie utile pour apprendre, mais l'art disparaît. 

Concluons. Quelle est ta conception de la création ?

Je n'aime pas penser ce qu'est la création. L'homme a besoin de faire quelque chose. La création, c'est faire cela qui correspond à moi. Tout homme a besoin de créer à des niveaux différents. Dans les petites choses ou d'autres plus importantes. La création est un besoin. Des hommes l'ont plus que d'autres. Mais en principe, ces hommes sont les plus malheureux. Car la création n'est pas en un sens une chose très honorable.

Qu'est-ce que la peinture ?

C'est tout ce que nous venons de dire.

Et dans une grande et dernière formule, qu'est-ce que l'art ? 

C'est le vomissement du saoul pour trouver la tranquillité. Et ce qui est entré en lui, qui sort, on ne peut absolument rien en dire.